ESAT Pont-Evêque (38): dépôt permis de construire

marieke | Vendredi, octobre 7th, 2011 | No Comments »

En association avec Patrick THEPOT, architecte DPLG, Buildings & Love démarre la mission complète pour la construction d’un Etablissement et Service d’Aide par le Travail sur la commune de Pont-Evêque en isère. Un établissement de 700m² localisé dans la zone d’activités Monplaisir comprenant une cafétaria et une cuisine (usage traiteur et partage de repas), destiné à l’insertion d’adultes schizophrènes par le travail.

Patrick THEPOT et Buildings & Love mettent leur recherche architecturale au service du primmordial: questionnements, réflexions et échanges autour d’un univers spécialisé. Parce que du confort physique dépend le confort psychique. Une société qui accueille les personnes handicapées avec attention et respect est une société en progrès. Agir sur la forme pour restaurer et consolider une certain équilibre, une dignité et une tranquilité légitime: motivations de taille pour notre équipe.

Sujet pas totalement étranger pour nous, puisque déjà exploré, en partie, lors de son diplôme par l’urbaniste de l’agence:  (« Ville et handicap mental: le point de vue de l’autre sur l’espace public urbain »)  qui écrivait alors: « (…) il serait tentant de poser le handicap mental comme une véritable question adressée aux modes de solidarité légitime au sein de nos sociétés contemporaines, et plus particulièrement au sein des villes.

En effet, on peut dire que plus l’anomie de nos sociétés est grande, moins le handicapé peut compter sur la solidarité de proximité des urbains, moins le handicapé peut compter sur les autres, les normaux. Le développement d’appareillages techniques permet aux handicapés physiques de pallier à cette abscence de solidarité et de conserver un relatif degré d’autonomie. Ce n’est pas le cas des handicapés mentaux. Ne pouvant compter sur l’aide avisée des autres, l’autonomie du handicapé mental ne peut plus dépendre que de la qualité de son conditionnement. Toutefois, cette qualité est directement menacée par l’instabilité et l’hétérogénéité du milieu urbain. Ainsi l’assistance lui devient indispensable: plus l’anomie est grande et plus cette assistance est institutionnelle et plus le mode asilaire domine, y compris dans les pratiques « extérieures », l’asile déléguant alors son personnel dans l’accompagnement permanent des handicapés.
L’autonomie des handicapés mentaux reste très liée aux qualités d’accueil de l’espace public: plus la solidarité de proximité est grande, plus l’espace public est accueillant, moins le conditionnement est nécessaire, ceci dans la mesure où les « autres »peuvent surseoir au « manquement » du handicapé mental (perte d’orientation, oubli, …). En quelque sorte sous le signe de l’entraide et d’une anomie faible, l’espace public peut conserver son hétérogénéité, la complexité de ses significations, sans « handicaper » encore plus le handicapé qui peut, de la sorte, devenir un familier (…) »

Ce sont ces enjeux là que l’équipe ne perd pas de vue en construisant l’ESAT de Pont-Evêque.

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